Voyage au Portugal 2026 : jour 5

La boucherie !

Hier soir au repas, coach Domi a prévenu : ce sera la guerre… une boucherie !

Le réveil est laborieux, les organismes sont fatigués, mais Tornado a bien dormi.

Pourtant les jambes sont bien là, tout le monde les sent bien. Enfin bien… elles font mal. C’est à vitesse réduite que le peloton progresse sur cette première côte dès la sortie de l’hôtel.

Il fait déjà très chaud et il n’est pas encore 8h 30.

Le parcours amène nos amis vers de nouvelles routes au nord-est d’Alijó.

Après la première côte, première descente et premier problème GPS. Le groupe stoppe à l’entrée pavée d’une petite ville. Ce n’est pas la bonne route ! Christophe n’est pas là ! Normal, il fallait tourner à gauche un peu plus haut, et Christophe, quand il descend le nez sur la trace GPS… Voilà le groupe bon pour remonter jusqu’à l’intersection, mais les 500 ou 600 mètres sont à plus de 10%. En passant, on peut voir les cuves de la cave locale.

À l’intersection, une dame nous explique qu’elle a vu un cycliste vêtu de blanc passer quelques minutes avant.

S’ensuit une course poursuite dans une nouvelle descente. Le peloton rattrapera l’échappé, qui avait rebroussé chemin, quelques kilomètres plus loin. Pourtant, coach Domi lui avait donné pour consigne de prendre 30 minutes d’avance avant la dernière côte.

Les paysages sont différents. Ce sont des vallées plantées d’oliviers au départ qui peu à peu évoluent avec des plantations de châtaigniers puis d’amandiers. C’est magnifique, les collines couvertes de ces plantations bien rangées formant encore une fois les lignes de niveaux.

Dans certaines vallées, les rivières sont figées et lisses comme des miroirs reflétant les collines cultivées.

Au fond d’une magnifique vallée en passant sous un viaduc, Éric SL est victime d’un saut de chaine, sans doute le méchant trou dans la chaussée juste avant. L’arrêt n’est pas bien long et le peloton repart. Un peu plus loin, un village pavé distend une nouvelle fois le peloton. Éric LC s’échappe, le reste du groupe subit. À la sortie de cette longue section, nouvel arrêt pour Éric SL en froid avec sa transmission. Manuel et Christophe viennent à la rescousse. La chaîne est sortie de la chape de dérailleur. Un comble pour un spécialiste du BTP… Quelques-uns uns sont partis devant sans attendre les mécanos. Après plusieurs minutes de bataille, la chaîne a retrouvé sa place initiale.

Et voilà une nouvelle côte avec des pourcentages difficiles, surtout pour des organismes fatigués. Les premiers arrivés au sommet ont trouvé un spot à l’ombre sous des cerisiers. Regroupement et c’est reparti. L’ascension se poursuit, les pourcentages ne sont pas très difficiles mais le vent de face ne simplifie pas la tâche.

S’ensuit une longue descente rapide qui mène nos athlètes dans le joli petit village de Freguesia de Franco. L’entrée du village est pavée et la pente très raide, le peloton ralentit franchement. Une fontaine est une véritable aubaine. Tout le monde ravitaille. Christophe essaie de retrouver des mains propres après l’atelier mécanique.

Manuel profite de la pause pour échanger avec une vieille dame assise sur le banc face à la fontaine. Cette dame de 93 ans a travaillé toute sa vie dans les champs, ses mains ont beaucoup souffert, mais, à son âge, elle continue de ramasser des pommes de terre avec l’outil traditionnel, un croc à 2 dents. Petite philosophie d’une vieille femme portugaise : « La vie est belle, il faut la prendre comme elle vient parce qu’elle passe très vite ».

Après ce très bel échange, l’équipe poursuit sa progression. La route est magnifique, et nouvelle rencontre en haut d’une petite côte avec de jeunes… moutons enfermés dans la benne d’un pick-up.

Une longue descente au milieu des cultures d’oliviers et d’amandier est particulièrement agréable. Paysages sublimes, pentes faciles, si cette route pouvait les mener directement à Alijó, certains signeraient de suite ! La chaleur et la fatigue ont entamé les dernières ressources.

En bas de cette longue descente, la route tourne à droite et, là, ce n’est plus la même histoire. Les dérailleurs sont en action, les chaînes craquent et en 15 mètres toutes les transmissions sont « tout à gauche » : c’est au moins du 15 %. Heureusement, ce n’était pas très long, petite descente trop courte, et, après un petit pont, c’est reparti. Ça monte très fort et ça n’en finit pas, quelques replats permettraient de souffler, mais la chaleur est telle qu’il est impossible de récupérer. Tout le groupe est dans le dur sauf Vincent que certains aperçoivent au loin. Cette fin d’ascension continue alternant passage à plus de 10% et replats à 4-5%. En haut, tout le monde est cuit, le petit groupe derrière Vincent (Manuel, Christophe, Thierry, Dominique, Michel et Éric LC) veulent une fontaine pour se rafraîchir. Michel remonte à la rencontre des derniers pour les guider. Les autres trouvent la fontaine du village. Manuel et Éric LC y plongent leurs jambes, les pieds sont brulants.

Manuel propose de couper pour rentrer directement vers Alijó. Seuls Christophe, Vincent et Michel refusent de couper et veulent faire la boucle en entier. Ça ne discute pas longtemps et le groupe se scinde… en trois parties… Christophe est parti avant Michel et Vincent.

Les 9 autres repartent en direction d’Alijó, par une nouvelle ascension. C’est de plus en plus difficile pour nos coureurs. L’enchainement de ces 2 dernières journées a épuisé les organismes. Les pourcentages sont inférieurs à ceux rencontrés précédemment mais l’accumulation devient de plus en plus pénible. Après 5 kilomètres d’ascension, Alijó est en vue ou presque.

De l’autre côté, Christophe fait toujours cavalier seul. Michel et Vincent tentent de le rejoindre sans succès. Ils y parviendront sans le savoir, Christophe s’est arrêté à une fontaine, mais a aussi pris des photos.

Après la vallée de la Tua, nos amis remontent vers Alijó.

Michel se fait un plaisir de dégourdir les condensateurs de sa machine infernale en faisant l’équipier pour Vincent. Ça monte très vite.

Le groupe de 9 arrive les premiers au café du centre ville avec un objectif : se restaurer. Et la carte des glaces a déjà été validée par Jean-Marc dimanche dernier. Et l’idée d’une glace taraude nos coureurs depuis plusieurs kilomètres maintenant.

Après avoir poussé un peu pour avoir un peu de place en terrasse, nos 9 sportifs sont prêts à commander. Bon pas d’œuf pour le sandwich americano, la plupart se rabattent sur un sandwich poulet. Michel et Vincent arrivent quelques temps plus tard. Le serveur n’est pas super cool, mais, au final, tout le monde mange à sa faim, même Christophe arrivé en dernier. Paul a un peu de mal à redémarrer…

Retour à l’hôtel, pour une sieste bien méritée. L’apéro est prévu à 18h30. À 19h30, départ pour Favaios pour les achats de miel et de Moscatel ou Porto. Et, bien sûr, visite du centre ville et passage devant la maison de la grand-mère.

Puis restaurant où on retrouve des côtelettes d’agneaux, pas sûr que ce soit celles rencontrées un peu plus tôt dans la journée. Pour le lendemain, Manuel propose un parcours de 76 kilomètres et 1100 mètres de dénivelé. Le frigo des desserts captive les convives et le choix se fait sur pièce.

En fin de repas Michel nous rappelle les consignes pour vendredi matin afin de ne pas rater le bus.

Retour ensuite à l’hôtel pour un repos bien mérité.

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