Championnat du Monde Amateurs UCI Albi – 27/08/2017

Notre Président comme représentant de l’UC31

  • Dominique Nadaud : 23ème en 2h35:49 à 37,35km/h

Le récit de Dominique, comme si nous étions :
ALBI 2017 Après Albborg Danemark 13ème, Perth Australie 7ème, arrive ma participation au championnat du monde UCI Albi 27 août 2017. 5h00 réveil la nuit a été courte et le sommeil difficile à trouver….pas de pression…pas de pression facile à dire. Tout charger dans la voiture, ne rien oublier …casque, chaussures, etc.
7h30 arrivé au parking du circuit une centaine de mètres de la ligne d’arrivée, belle organisation tout est fléché, massage , échauffement sur le circuit du CLM, je croise de nombreux compétiteurs visage fermé.
8h15 des groupes de cyclistes rallient la cathédrale Sainte Cécile et les sas de départ, là un peu de panique « l’entonnoir » est plein, les coureurs des catégories les plus jeunes avec un départ à 8h30 cherchent un passage parmi ce kaléidoscope de maillots et vélos leur bicyclette levée à bouts de bras.
9h00 nous approchons toujours lentement du départ, devant nous le groupe des 60/64 ans est presque, un besoin naturel est impérieux survient, les toilettes installées par l’organisation sont trop loin pas le temps de faire marche arrière, les rues sont bondées de monde, cœur d’Albi que de la pierre et la brique, pas possible de prendre le départ comme cela, il faut é l i m i n e r. Mon regard anxieux cherche désespérément la solution sans perdre trop de places sur la ligne de départ. J’enjambe les barrières de sécurité, ouf devant moi à gauche un bar est ouvert, formule rapide de politesse, réponse chaleureuse positive du patron barbu ….soulagement.
9h10 retour vers le sas les 60/65 ans sont libérés, notre catégorie va prendre place sur la ligne de départ, récupération du vélo… miracle le groupe me pousse je suis sur la première ligne, reste 7 minutes, regarder, profiter, respirer, la large ligne droite du départ s’étale devant moi frangée de spectateurs enthousiastes, à gauche la cathédrale Sainte Cécile majestueuse se dresse dans la lumière du soleil, ses briques ocre et rose renvoi sa lumière. Le speaker égraine les consignes, le compte à rebours est engagé.
9h19 la musique à fond et les ovations libèrent les énergies de 154 sexagénaires et plus, les pédales automatiques claquent à l’enclenchement, déjà les premiers débordement pourtant la route est neutralisée les 3 premiers km par 2 motos et la voiture ouvreuse, virage à droite, rond-point, ça frotte je suis refoulé sur la 3ème ligne, enfin les banderoles annonçant le départ réel, le drapeau se baisse, la vitesse bondi je garde ma place arrive le double virage avant Marssac, il faut être devant, le peloton se tends, à gauche une ouverture, je fonce, retrouve la tête, virages et relance faciles malgré l’allure élevée, derrière un bruit de chute ou d’accrochage. Le peloton est nerveux mais la vitesse est raisonnable, je reste devant, trois Tchèques font une course d’équipe et tentent de lancer un équipier, les Français réagissent Gerard Tournadre tente une échappée. Montées de Labastide-de-Lévis devant facile, sommet de la côte de Fayssac les encouragements de ma famille présente, pensées pour ceux qui sont absents ou souffrants, les frissons d’émotion malgré la chaleur naissante.
Nous empruntons une partie circuit de Cestayrols sur lequel j’ai obtenu le titre champion régional en 2013, l’ondulation de la route me convient, je roule devant, je risque un œil sur les délicats paysages des vignobles Tarnais, le vent est dans le dos, le Time de 12 ans d’âge champion de France FSGT en 2011 répond bien il est mieux qu’un « mulet ».
Descente courte, virages serrés, relances fortes (ils savent courir les anciens) et c’est parti pour du « collé serré » et « je t’aime moi non plus » je perds 60 places environs jusqu’à Campagnac, enfin ça monte!, après un effort intense avec Jean-Claude Raucoules je me retrouve devant, derrière la lessiveuse fait son œuvre.
Notre peloton retrouve la catégorie des H55/59 dossard bleus sur la partie commune aux deux circuits, pas le temps de faire des civilités, ils partent à gauche vers Penne et son éperon rocheux, tout c’est bien passé, traversée de Vaours à bloc. Ravitaillement du Dolmen toujours aux premières places, mes amis sont là, ils font beaucoup de bruit pas possible de les manquer. Je ne prends pas le bidon, les miens sont encore très pleins.
Descente vers Cordes-sur-ciel, majestueuse elle s’offre à nos regards entre deux mamelons verdoyant malgré la sécheresse, mais combien d’entre nous l’apercevront?
Dans la cité beaucoup de supporters et supportrices, je suis toujours aux premières loges, malgré les attaques il reste un peloton d’environ 60 cyclistes beaucoup de Français sont là, à la défaveur d’îlots centraux notre tête ce fait doubler par une vingtaine de coureurs sur la partie gauche de la route, j’attaque la difficile et étroite montée de la Ratayrie mal placé, derrière moi un Italien « klaxonne » avec insistance pour passer, des gars de la sélection France le calme. C’est le moment de vérité la course se durcie, le passage dans le hameau ce fait un par un, à l’arraché, devant ça roule fort, ce sera comme cela les 35 prochains km. Jusqu’à l’arrivée, plus rien ne sera « facile » pour moi.
Le vent est 3/4 face pas très fort mais des bordures se forment. Un échappé, un homme seul devant à moins d’une minute des contres se forment et avortent, nous restons environs 30 coureurs dans ce premier peloton. Au rythme de contre-attaques mes cuisses commencent à brûler la nuque se raidie, le dos souffre, mais ça tiens, j’ai dans l’idée qu’ils ne me lâcheront pas. Grosse frayeur avant l’entrée dans Marssac, un coéquipier Français Petitpas bloque au freinage, idem pour moi derrière, dérapage avant…arrière…guidonnage…ouf! ça passe, (presque du Sagan), juste un échange de regard et relance pour accrocher le peloton.
L’arrivée à quatre kilomètres l’entrée sur le circuit n’est plus très loin, ça frotte de plus en plus, éclair de vision cauchemar, au même endroit que ma chute à l’Albigeoise ça tombe devant moi, freinage à bloc, j’écrase des lunettes blanches, je tombe ou plutôt je me couche sur un Allemand sans pouvoir déclencher la pédale gauche, les images se bousculent dans ma tête, pas le temps de faire l’analyse ni de regarder les blessés et dégâts, (non-assistance à personne en danger) je me relève rapidement, Aie!! Aie!! une contracture à l’ischio jambier gauche me foudroie, je repars temps bien que mal le peloton est encore à un peu plus d’une centaine de mètres, je perds du terrain sur lui, j’attends Gerard Tournadre lui aussi pris dans la chute je prends sa roue, entrée sur le circuit « ils » sont là à quelques dizaines de mètres seulement, Gérard me demande de prendre le relais, tentative impossible… il est furieux, il sent que nous pourrions rentrer si je passe, mais je ne peux pas passer et perds quelques mètres sur lui, le grand portique de la ligne d’arrivée est là devant, j’entends le speaker dans la forte sono, dans une brume autour les rangées de spectateurs, je ne vois même pas le « Germany » qui me double juste avant la ligne.
La ligne est franchie arrêt, pieds à terre, un contrôleur U.C.I. scanne mon vélo, la chaleur forte me « saute dessus » et m’envahie. Je regarde autour de moi qui sont les coureurs qui sont devant je cherche qui a gagné, je retrouve des visages amis, premières impressions, premières congratulations. Beaucoup beaucoup de monde, le speaker dans les haut-parleurs est à fonds, les arrivées se succèdent à toute vitesse difficile de retrouver famille et amis, la tête tourne il me faut de l’ombre et de l’hydratation.
J’ai retrouvé les miens, nouvelles admirations, félicitations, satisfactions. Envolé les rêves de podium ou de top 10, mais content, content de ma participation content d’avoir fini, heureux tout simplement d’être là. Classement affiché déception je ne suis pas classé, recherche de commissaires pour déposer une réclamation, courtois ils me demandent si je fais un podium hélas non….alors nous verrons cela plus tard.

Mon modeste mais satisfaisant résultat: 23ème en 2h35:49 à 37.35km/h
A 61 secondes du vainqueur le Belge Sluyts Rudolf. Félicitations pour la perf.
A 25 secondes du 2ème et premier de mon peloton Guy Flucrand bravo.
Un grand merci aux organisateurs et aux très nombreux bénévoles qui nous ont offerts des routes pratiquement privatisées. Un très grand coup de chapeau à Roland Gilles pour la réussite de « son » épreuve, dont j’avais pu assister avec mon amis jean-Louis au début de gestation à l’occasion du mondial d’Albborg.
Plein de bonheur à la « reine » Claudia Carceroni Gilles, la réussite elle la déjà, félicitations pour ce titre de Championne du monde.
Merci à la Municipalité d’Albi et à son Maire Madame Stéphanie Guiraud-Chaumeil pour avoir cru et favoriser cette organisation. Merci à mes supporters sur la route: Jean-Louis – Patrick -Violette – François – Nathalie – Michel – Brigitte – Gilles – Hélène et à tous les autres à ceux qui ont encouragé les maillots Français.
Voilà c’est fini, il ne me reste plus qu’à réfléchir si je dois tenter la qualification 2018 pour Varèse en Italie, en effet le « cyclosport » a pris une telle dimension de compétition avec ce championnat du monde UCI, l’attrait du maillot arc-en-ciel attise tellement les esprits, que beaucoup de coureurs prennent des risques inconsidérés, à suivre……..

  • Dernière ligne droite
    Dernière ligne droite
    L'arrive sur le circuit d'Albi
  • Ravitaillement
    Ravitaillement
  • Prêt pour le départ
    Prêt pour le départ
    Dans le sas de départ au cœur d'Albi

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