Championnat d’Occitanie – Anduze – 12/05/2019

Ce week-end outre les acrobaties de Dominique et Olivier, avait lieu le championnat d’Occitanie à Anduze (Gard) à 3 heures pile poil de Toulouse (en voiture, bien sûr !) donc pas la porte à côté. Au programme 2 tours d’un magnifique circuit de 40 km avec un col de 9 km à mi-parcours. C’est une ascension en paliers, avec des montées, des replats, de légères descentes… En fait, les 40 kms du circuit ne sont jamais plats à l’exception des 2-3 premiers kilomètres dans la traversée d’Anduze. C’est donc un circuit où on est « toujours en prise » selon l’expression consacrée. Seule l’arrivée est un peu torturée : une descente de 1 km vent de dos, 2 ronds-points à négocier et une arrivée 200 mètres après le dernier rond-point dans une zone d’activités, pas le top. Enfin, dernier détail, et pas le plus anodin, la météo : soleil et douceur (20°C) mais un vent du nord terrible (et de face dans le col) avec des rafales annoncées à 70 km/h. Bref, du dénivelé et du vent, que du bonheur pour nos deux représentants Claude et Frédéric.

 

Tout n’est pas forcément rose. Il y a beaucoup d’absents. Frédéric a longtemps hésité à venir (c’est vrai que c’est loin) mais il doit dire un grand MERCI à David qui l’a définitivement convaincu il y a 2 semaines après Aussonne-Aussonne. C’est vrai qu’il est en super forme Frédéric en ce moment, il récupère très bien, et n’a même pas mal aux jambes le lendemain des courses. Il a même fait du bi quotidien à deux reprises pour sortir de sa zone de confort, bref, il a bien préparé son affaire et aurait eu tort de ne pas venir. Et puis les absents ont toujours tort…

Un autre problème se pose, à cause d’un mélange des catégories, en l’occurrence Super Vétérans et Anciens (mais aussi les Cadets et Féminines) si bien que la course par catégorie peut être un peu (ou beaucoup) faussée, on le verra un peu plus tard.

 

Le départ est donné vent de dos et le peloton roule à un bon rythme, Frédéric se sent plutôt bien physiquement, même s’il est beaucoup trop stressé comme d’habitude. Claude lui se positionne aux avant-postes à la faveur d’une première côte.

Avant même le col, 2 coureurs s’en vont. L’un d’eux est Franck Fava de Villemur. Ils prennent une vingtaine de secondes d’avance sur le peloton.

Claude se fait enfermer dans le peloton, il se retrouve dans le dernier tiers du peloton avant le virage à droite pour emprunter une route étroite qui amène le peloton au pied du col.

Dès les premières rampes de l’ascension, ça attaque de partout. Frédéric est mal placé, il est obligé de remonter, il ne veut pas se faire piéger ! Il remonte tellement bien qu’il « dépose » Stéphan Cenac en passant (c’est à peu près le seul coureur que Frédéric connaissait avant le départ !) et qu’il rentre sur les 2 hommes de tête avec 2 autres coureurs mais ils sont tous à bloc donc ralentissent un peu, ce qui permet à une quinzaine de coureurs de revenir. Derrière Claude comble les trous pour remonter sur la tête du peloton, hélas Frédéric le « dynamiteur » a formé un groupe que le peloton ne reverra plus.

 

Le peloton d’une quinzaine de coureurs ne reste pas groupé pour longtemps puisque Franck Fava relance à environ 4 km du sommet : Frédéric est le seul à réagir et les voilà tous les 2 échappés à 65 km de l’arrivée. Ils montent la 2ème partie du col à bloc. Pour les amateurs de statistiques ou de physiologie, Frédéric a fait les 5 dernières minutes du col à 176-178 bpm alors que son seuil anaérobie est à 167 bpm et sa fréquence maximale de 183 bpm. En résumé, Frédéric s’est surpassé. Il ne sait pas comment il a tenu mais il a tenu avec le feu dans les jambes et le souffle très court. Franck Fava était a priori aussi à bloc que Frédéric puisqu’il n’a pas pris beaucoup de relais dans l’ascension. Le groupe des poursuivants les garde en point de mire mais ils sont à bloc eux aussi.

Une fois la bascule faite, ils donnent tout, descente à fond puis faux-plats vent de dos, ils s’entendent parfaitement et ils accentuent leur avance : 53″ à la fin du 1er tour.

Après le col, Claude se retrouve dans un groupe de poursuivant d’une vingtaine de coureurs. Mais la course est jouée, ils ne reviendront plus sur la tête de course.

Devant, ils continuent de se relayer sans faiblir, et montent les côtes et le col à un tempo plus cool qu’au 1er tour mais ils donnent tout le reste du temps. Et l’écart semble s’accentuer nos 2 fuyards ne voient plus personne derrière eux, notamment dans le col.

Au deuxième tour, en haut du col Claude se retrouve seul ou presque puisqu’un autre gars l’accompagne. Ils seront rejoints par une dizaine de coureurs à 10 km de l’arrivée.

À 3 km de l’arrivée (ils ont donc déjà fait 62 km à 2), ça sent très bon pour Frédéric et Franck Fava puisqu’on ne voit toujours aucun poursuivant derrière eux. C’est le moment choisi par Fava pour flinguer de l’arrière ! Passé l’effet de surprise, Frédéric s’arrache pour le rejoindre mais les crampes arrivent au moment où il recolle. Heureusement, Franc se relève (il avouera après l’arrivée s’être relevé parce que les crampes arrivaient pour lui aussi). Bonne nouvelle malgré tout : s’il a attaqué, c’est qu’il n’est visiblement pas un bon sprinter (alors que Frédéric, oui !).

Derrière dans la dernière bosse, Claude sort pour finir avec quelques secondes d’avance sur le groupe sans savoir quelle place il fera 2,3,4 ou5. En effet avec cette histoire de groupe mélangé tout le monde à la même couleur de dossard.

Après l’attaque de Franck Fava, les leaders passent les 2 kilomètres suivants à un faux rythme à se regarder et ce qui devait arriver arriva : la moto suiveuse vient les avertir un peu avant la flamme rouge qu’un groupe est en train de les rejoindre ! Frédéric n’hésite pas une seconde : il met le 11, et s’engage dans la descente à fond. Son adversaire est collé à sa roue arrière. Le premier rond-point avalé (à la limite de l’adhérence…), ils arrivent en trombe dans le 2e rond-point (à 200 m de l’arrivée…). Fred met le 13, relance comme un malade sans jamais se retourner et… Il gagne !

Claude lui arrive un peu plus tard et prend la quatrième place, comme l’an dernier.

Frédéric avouera que sur la fin de parcours il n’a jamais su où était Fava mais il ne l’a jamais senti menaçant dans ce sprint, Et il pense qu’il a fini assez loin de lui. Le groupe des poursuivants franchit la ligne avec une quinzaine de secondes de retard, c’est Stéphan Cenac qui remporte le sprint et donc la 3e place de la course. Ça va, ils avaient de la marge, un peu et puis, il n’y avait pas Mathieu Van Der Poel dans le groupe de poursuivants ! Après 65 km d’échappée, c’eût été une issue bien cruelle s’ils les avaient rattrapés.

Quelques regrets pour Claude, une nouvelle fois il échoue au pied du podium. Certes les deux premiers semblaient un peu inaccessibles mais la troisième place était tout à fait jouable. Claude s’en veut pour sa façon de rouler en peloton, dommage les jambes étaient bonnes et le circuit idéal pour son profil.

Bilan de la course de Fred (en fait, de l’échappée à 2) : 35 km/h de moyenne ce qui est pas mal, étant donné le dénivelé (1100 m) et le vent de malade. Une fréquence cardiaque moyenne de 161 bpm pendant 2h16 : Il ne s’est pas caché ! 

Bilan provisoire de la nouvelle « carrière » de Frédéric : 6 courses disputées, 5 podiums, 3 victoires, 1 titre (et 1 maillot), bref la vie est belle !

Une réflexion au sujet de « Championnat d’Occitanie – Anduze – 12/05/2019 »

  1. Bel article romancé, si Fred mérite sa victoire pour avoir associé nos efforts afin d’aller au bout de cette échappée, la fin est tout autre. Je n’ai jamais eu ou mentionné avoir eu des crampes, j’avais très bien préparé cet objectif, et surtout, si une voiture n’était pas sorti de cette rue d’arrivée à 150m de l’arrivée, je n’aurai pas eu besoin de mettre un coup de frein et changer ma trajectoire, perdant ainsi une quinzaine de mètres, alors que je deboitais bien lancé par mon poisson pilote, et l’issue aurait été tout autre !Après avoir relancé, j’étais plus vite, mais 15m à reprendre sur 150grand max à parcourir, ce fut trop juste. Mais bravo à lui, il a pris le risque de lancer de loin, et les circonstances de courses lui ont donné raison.
    Franc FAVA.

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