Ariégeoise 29/06/2019

Triste Ariégeoise que cette édition 2019, un des participants a perdu la vie sur les routes surchauffées de l’Ariège, le club présente ses sincères condoléances à la famille. D’autres ont chuté gravement, finalement l’organisation décide d’arrêter la course aux alentours de midi. La veille au soir l’organisation avait annulé les versions XXL de l’Ariégeoise et de la Montagnole à la suite des discussions avec la préfecture. La course est maintenue, il est préférable de maîtriser les 5000 participants pendant l’épreuve plutôt que de les laisser seuls sans organisation. De plus la semaine a été éprouvante, les organismes ont souffert du chaud, de la déshydratation, du manque de sommeil, cela a certainement eu une influence non négligeable, presque autant que les conditions de la journée du samedi. Il n’y aura pas de classement.

Ils étaient 14 de l’UC31 cette année à être inscrits sur cette 26ème Ariégeoise.

Le vendredi, la récupération des dossards est effectuée avec différentes stratégies, certains délèguent la tâche, d’autres se retrouvent autour d’une bière sur le village départ… Et pour la nuit, différentes options sont choisies, logement à côté, van, ou dodo à la maison et lever de bonne heure.

Alain D, Alain M, Aurélien, Christian, Claude, Éric B, Éric LC, Thierry et Vincent sont inscrits sur l’Ariégeoise. Pour Aurélien c’est une première, il est motivé, tellement qu’il a presque obligé son père à venir. Christian n’aime pas la chaleur et n’est pas trop motivé. Chez d’autres la peur de la chaleur est aussi présente Éric B et Claude n’aiment pas du tout ce type de météo. Thierry lui est content, il ne sera pas obligé de mettre une sous-couche thermique, un deuxième maillot sera largement suffisant. Ils ne sont vraiment pas tous faits pareil. Les 2 Alain sont des habitués de ce genre d’exercice. Alain D est prêt malgré un début d’angine et un fort mécontentement de son épouse, encore un effet de la canicule.

Sur la Montagnole, Mathieu et Christophe effectuent leur première Cyclo-montagnarde, pour Lucie c’est sa seconde édition. Patrick et Franck ne comptent plus leurs participations. Après la reconnaissance de la semaine précédente, Lucie est motivée. Patrick n’a pas fait la reconnaissance mais le stage en nord-Aveyron. Mathieu va s’élancer dans un univers un peu inconnu mais il est en forme ce samedi matin. Christophe lui est en famille avec son frère.

Dans les sas de départ, on se retrouve et on discute, Vincent et un de ses amis ont trouvé Éric B et Thierry, un peu après la moitié du sas. Thierry se faufile pour retrouver Christian et Aurélien qui sont un peu plus avancés. Éric LC, lui, est 50 mètres devant dans le premier quart. Il y a trouvé quelques anciens coéquipiers de Gaillac. Les 2 Alain arrivent ensemble ; ils projettent de faire la cyclo de concert. Mais Alain M bénéficie d’un dossard prioritaire et rejoint le sas des privilégiés où Claude a trouvé une place. Alain D ne reste pas seul longtemps, il retrouve Christian et Thierry. A 8h00, après le rappel des consignes de sécurité, le peloton est lâché, il s’étire rapidement. Au niveau du pont une voiture mal garée crée un entonnoir. Le peloton est un peu moins nerveux qu’à l’accoutumée. La chaleur fait peur et personne ne veut griller toutes ses cartouches au départ. Pourtant Aurélien, qui est loin, ne ménage pas ses efforts pour revenir. Il double Éric LC à la sortie d’Arignac, et part dans une longue remontée, il ne tarde pas à dépasser Alain M et Claude. Claude n’aime pas frotter et préfère ménager sa monture. Tout le contraire de Thierry qui profite de la partie roulante pour remonter les pelotons. Arrivés à Foix, les pelotons défilent à belle allure dans les rues de la ville.

8h30, c’est le moment du départ pour les concurrents de la Montagnole. Franck dispose d’un dossard prioritaire et peut s’élancer dans les 250 premiers. Christophe et Lucie sont partis chacun de leur côté pour une remontada. Notamment Lucie qui est partie de très loin, elle met près de 15 minutes avant de pouvoir réellement pédaler. Mathieu gère, les sensations sont bonnes.

Devant Aurélien continue de remonter les pelotons. À la sortie de Foix, Éric LC reprend Alain M puis Claude. Les trois sont groupés au passage du panneau (ou Panot pour Christian) du début du col des Marrous. Alain M salue ses 2 équipiers et se met en mode col. Peu après, il voit Christian arriver sur ses talons et le passer. Claude est en mode gestion et ne distance pas Éric LC. Christian revient sur eux, discute un peu pour avoir des nouvelles d’Aurélien. Ensuite les 3 hommes restent ensemble, jamais à plus de 100 mètres les uns des autres. Christian et Éric LC restent même côte à côte entre le col des Marrous et Péguère, tout comme Vincent et Thierry ; en effet, Vincent est parti d’assez loin, mais son aisance dans les montées lui a permis de revenir sur Thierry peu après les Marrous. Derrière Alain D n’a pas un super moral, beaucoup de monde le double, et même Éric B qui au passage lui lance un : « Alors, on fume la pipe ? » assassin. Au sommet, tout le monde fait le plein, le niveau des bidons est bien descendu. Pourtant la température est encore très douce, environ 20° pour les premiers.

Dans le peloton de la Montagnole, Franck a suivi les meilleurs jusqu’à Foix. Ensuite, il a préféré monter à son rythme. La remontada est bien menée, Lucie bat son temps de la reconnaissance. Là aussi une pause fraîcheur s’impose avant d’entamer la descente du terrible mur de Péguère.

Le premier à s’y élancer est Aurélien, il a une sacrée moyenne et a doublé de nombreux paquets. Ensuite, c’est au tour de notre trio Claude en premier, transfiguré par l’usage des disques, il lâche rapidement Éric LC, et Christian, prudent, est un peu plus loin derrière. Ils verront plusieurs coureurs en difficultés chutes, crevaisons… À la sortie de Massat, Éric LC retrouve Claude dans un petit groupe de 8 ou 9 unités. Christian est un peu plus loin dans un groupe d’une vingtaine de coureurs.

Dans la descente, Thierry file et lui aussi voit plusieurs coureurs à terre. Vincent est prudent mais pas si loin. Dans la descente vers Massat, Thierry qui a trouvé 2 mobylettes va faire une descente extrêmement rapide vers Seix et, par la même occasion, rejoindre plusieurs groupes. Vincent n’a pas cette chance, il est un peu plus loin dans un groupe un peu moins rapide. Il profite de la fraîcheur de la vallée de l’Arac et papote avec qui veut.

Alain D, qui ferme la marche de nos coureurs sur ce parcours, reprend espoir en bas du col de Péguère, à la vue des concurrents qui ont déjà l’air exténués et de ceux arrêtés pour réparer leur crevaison.

Sur la Montagnole, la descente n’est pas de tout repos, nos coureurs maltraitent leurs freins et Lucie, au bas du col de Péguère, crève de l’arrière, à croire qu’elle aime les ateliers changement de chambre à air sur les cyclos. C’est quand même la seconde fois en moins d’un mois. Après la réparation, Lucie repart, pas vraiment rassurée par la somme de personnes arrêtées au bord de la route pour réparer, souffler, s’asperger… ça commence à ressembler à une hécatombe. Patrick est un peu plus loin toujours dans l’ascension.

Aurélien toujours dans son groupe d’une vingtaine de coureurs est maintenant à l’approche du col de Latrape. Tout va bien pour lui et il monte ce col avec aisance. Le groupe des 3 se fait une belle frayeur. Enfin surtout Claude et Éric LC dans la descente vers le confluent de l’Arac et du Salat sur la D618. Leur petit groupe revient vite sur un groupe à peine plus gros et, à la sortie d’un virage à gauche, alors qu’ils sont revenus à moins de 50 mètres, le groupe de devant se retrouve presque en intégralité au sol. La chute est violente, nos coureurs auront juste temps de freiner pour s’arrêter. Pas question d’évitement, il y en a sur toute la largeur de la chaussée. Christian, Thierry puis Vincent verront également les coureurs encore sur le bas-côté. Le groupe de Christian rattrape celui de Claude et Éric LC. Ils resteront ensemble jusqu’au col de Latrape. Éric LC surveille le thermomètre, il indique un petit 22° le long de l’Arac, avec un passage très frais que tout le monde a remarqué. À la bifurcation à Saburdac devant l’hôtel des 3 Rivières il fait 23°. Mais 7 kilomètres plus loin, au pied du col de Latrape, il fait 28,5°. Et ça continue de monter ! Claude étudie les options ravitaillement en haut du col ou à Aulus dans la fontaine où il pourra largement se rafraîchir. Dans l’ascension, on retrouve le schéma déjà vu sur les Marrous, Claude devant, Christian 50 mètres derrière et Éric LC un peu plus loin. Les écarts fluctuent doucement. Le col est relativement court (5 kilomètres) mais les pelotons serpentent sur la chaussée, pas tant à cause des épingles que des zones ombragées où ils trouvent un semblant de fraîcheur. À 1 kilomètre du sommet, Éric LC revient sur Christian, le dépasse sans accélérer et renouvelle l’opération avec Claude quelques secondes plus tard. Au sommet, Éric LC refait les niveaux des 2 bidons, mange un bout de barre. Il se retourne pour voir où sont ses 2 camarades mais personnes n’est là. Ils auraient continué sans s’arrêter ? En fait, Claude n’a plus de force, lorsqu’Éric LC l’a dépassé, il n’a pas cherché à s’accrocher. Christian le dépasse à son tour, Claude lui signifie son souhait d’arrêter là.

Thierry est arrivé comme une flèche sur le pied de Latrape. La pente le fait revenir à la raison, il passe le petit plateau et la vitesse n’excède pas les 9 kilomètres par heure. Vincent est déjà en surchauffe, il manque d’air mais il monte quand même. Il retrouve Claude en mauvaise posture arrêté tentant de retrouver son souffle. Puis il rattrape Thierry et continue sa marche en avant.

Plus bas dans Latrape, Éric B est lui aussi en surchauffe. Les Alain sont un peu plus loin et ravitaillent avant d’attaquer le col. Le moral remonte, habitué à ces efforts longs dans la chaleur ils souffrent moins que la moyenne.

Au sommet, Christian, en pleine surchauffe, n’arrive pas à faire descendre la température, il s’arrête faire le plein lui aussi. Il attaque la descente vers Aulus, prudemment, mais dans un virage à gauche un coureur arrive comme une balle, et oblige Christian à sortir un pied pour corriger sa trajectoire… À Aulus, nouvel arrêt ravitaillement mais la descente ne l’a pas rafraichi. Alors, Christian prend la sage décision de stopper là sa course. Débrouillard, il trouve place dans une camionnette qui suit des coureurs. Il pourra ainsi porter assistance aux coureurs en détresse (ravit’eau, crevaisons, coups de chaud, crampes, etc.).

Après le ravitaillement, Vincent attaque la descente sans attendre Thierry, il se dit que Thierry va vite le rattraper. Dans la descente, on lui fait signe de ralentir, il comprend qu’un coureur a raté son virage et est parti dans le décor. Que de chutes depuis le départ ! À Aulus, Thierry est en avance sur l’horaire qu’il s’est fixé. Il a même 20 minutes d’avance sur l’horaire pour avoir l’argent.

C’est une tout autre chanson pour Claude et Éric B qui se sont retrouvés à Aulus et abandonnent de concert. La chaleur leur est devenue insupportable. Alain D les croise alors qu’il attaque le col d’Agnes, et pour lui ça irait presque de mieux en mieux, dans la tête au moins, les jambes font ce qu’elles peuvent.

Sur la Montagnole, Franck est bien placé, il ne fait pas encore trop chaud, et il attaque le port de Lers presque frais. Christophe poursuit toujours sa remontada, les étangs de Lers approchent. Lucie débute l’ascension, on est au kilomètre 61, devant elle un coureur s’écroule. À peine tombé, un concurrent s’arrête pour lui porter les premiers secours, un médecin a priori. Mathieu passera quelques minutes plus tard, le coureur est toujours à terre et des massages cardiaques sont prodigués. La route du port de Lers est surchargée de cyclistes, la plupart cherchent l’ombre, malheureusement de plus en plus rare au fur et à mesure que la route s’élève.

Dans le col d’Agnes, l’histoire se complique pour nos coureurs. Ce col est redoutable, l’ombre y est quasi absente et la route difficile épuise les organismes et le mental. Aurélien l’aborde en premier mais il ressent les effets de la chaleur, il explose, mais s’accroche comme il peut. Éric LC, beaucoup plus loin, comprend très vite que l’ascension va être longue aujourd’hui. Il a tout à gauche dès les premiers mètres. Avant la fin de la ligne droite, il remet un peu de braquet, la pente est un peu en dessous des 10%. Cela ne dure pas longtemps et en repassant tout à gauche la chaine décide d’aller voir s’il n’y a pas un douzième pignon. Las point de pignon en plus, au moment de descendre de sa monture pour remettre le tout en place une petite crampe tiraille la jambe droite. 500 m plus loin, même scénario. Ça va être très long ce col d’Agnes !

Vincent refait le plein à Aulus les Bains, ne voit pas Thierry mais constate que la canicule est bien au rendez-vous. Il s’arrose et se lance dans la fameuse ligne droite, très vite les cuisses commencent à se raidir. Les débuts de crampes apparaissent et il faut adapter le pédalage. Lui aussi est tout à gauche. Comme Thierry à peine plus loin, pour lui la crampe n’est pas à la cuisse mais aux orteils. Alors il s’arrose le pied. A mi-col, Éric LC est au bord de la rupture, il cherche un coin d’ombre pour souffler un peu. Sur l’estive, des coureurs s’ébrouent dans un ruisseau, un peu plus loin un ravitaillement. Éric LC s’y arrête, s’arrose, prend un gel et repart à peine plus gaillard. Vincent qui a déjà posé plusieurs fois le pied à terre, arrive au petit ruisseau et comme plusieurs coureurs profitent de l’onde fraîche. Ce n’est qu’une fois rafraichi qu’il découvre le ravitaillement 100 mètres plus loin. La chaleur joue des tours, ses camarades de baignade ne l’avaient pas remarqué non plus. Au sommet, Éric LC est à bout de force, il s’arrête sous la tente du ravitaillement plusieurs minutes, en profitant pour discuter avec une vieille connaissance lui aussi en perdition. Une fois le corps reposé, il repart il ne reste que 3,5 kilomètres d’ascension, ça va le faire. Vincent n’est pas plus en forme, incapable d’accélérer quand la pente est moins rude. Thierry lui admire le paysage et la faune bovine qui paît tranquillement sur ce large col.

Aurélien, après les difficultés rencontrées dans Agnes, se refait la cerise et arrive enfin à Auzat, content des 27 km/h de moyenne.

Derrière, les deux Alain sont arrêtés par l’organisation au ravitaillement de la mi-col ! Alain D s’insurge, il connait les horaires il a jusqu’à 16h et il est seulement 13h. On lui rétorque que la course est arrêtée depuis 11h30. Il faut rester là et attendre un bus. S’ils continuent, c’est à leurs risques et périls. Alain D a fait le plus dur, il continue ! Alain M aussi.

Franck et nos 3 jeunes coureurs ont terminé cette étrange Montagnole. Franck, facile sur une distance aussi courte, termine presque frais. Christophe dans la première partie du peloton. Lucie a fini la montée avec une fille de l’Avenir Bizano, elles se sont motivées tout du long. Dans la descente, des chutes encore… Mathieu finit presque frais, mais surtout motivé pour une nouvelle cyclo.

Après une descente tranquille, Éric LC arrive aux étangs de Lers, là le spectacle est énorme. Si le peloton de l’Ariégeoise est plutôt maigrelet, celui qui vient de Massat est dense. Et le serpent multicolore qui arpente les flancs du Cap du Paillé est dense. Il perd même des écailles tout au long de sa route. Après à peine 500 mètres d’ascension, Éric LC est pris de crampes dans les 2 cuisses. Arrêt obligatoire. Il va marcher, et découvrir tout au long de la route une quantité hallucinante de cyclistes cherchant le moindre coin d’ombre. À la vue de la pancarte Maindru, Éric LC enfourche sa monture, pour la photo c’est mieux sur le vélo. 500 mètres après le replat c’est le même scénario et il repart dans une nouvelle marche. Éric LC aperçoit Thierry qui passe à sa gauche, il l’appelle et c’est Vincent qui lui répond. Vincent pris dans son effort n’avait pas vu Thierry le doubler. Éric LC remonte sur son vélo, il reste à peine 500 mètres. Au sommet de ce dernier col, c’est l’anarchie, il y a des cyclistes partout, des véhicules toutes sirènes hurlantes essaient de se frayer un chemin. On annonce que la course est arrêtée. Les trois compères ne cherchent pas longtemps, direction Auzat au plus vite, Éric LC a déjà presque récupéré, la descente fera le reste.

Alain D récupère Patrick dans les derniers mètres du Port de Lers. Alain M finit un peu plus loin.

Eric B et Claude arriveront vers 19h à Tarascon, après être descendus à vélo, escortés par les motards dans la vallée du Salat.

Ce ne fut vraiment pas la meilleure la cyclo. Elle restera mémorable, hélas, pour les conséquences tragiques d’une météo caniculaire. Dans cette Ariégeoise le meilleur souvenir restera celui de la reconnaissance, effectuée une semaine plus tôt dans des conditions idéales.

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