Championnat Occitanie CLM – 4/07/2021

Le championnat de Contre-la-Montre Occitanie se déroule cette année à Prades-sur-Vernazobre, peu ou pas de coureurs de l’UC31 se sont montrés intéressés par cette épreuve. Pourtant, le jour J, Christian est sur l’épreuve, pourtant il nous explique depuis des mois que la compétition c’est terminé pour lui, etc…

En fait, la réalité est autre et, aiguillonné par son fils Aurélien qui reprend le vélo, Christian l’a accompagné à participer les deux dimanches précédents le championnat à des entraînements rythmés avec des « coursiers » sur le circuit de l’ancienne course FSGT de Castelnau d’Estretefonds (zone industrielle Eurocentre). Trouvant son coup de pédale plutôt bon, l’idée de disputer ce CLM début juillet s’insinue dans son cerveau. Mais Christian manque de repères. Il n’a disputé aucune course depuis fin 2019. Il n’a pas de rythme faire un chrono sur la forme du moment est possible, mais il n’est pas remonté sur un vélo de chrono depuis 2009. La semaine du championnat, il décide donc de remonter sur son antique vélo de CLM, de récupérer un casque de chrono et une roue lenticulaire. Il va aussi faire quelques réglages de positions et de braquets. Et, enfin, il sort s’entraîner avec le « nouveau » bolide avant de prendre sa décision définitive de disputer ou pas ce CLM. Vendredi midi, il s’engage finalement à la course.

En ce premier dimanche de juillet et même si son heure de départ est fixée à 15h36, Christian décide de partir très tôt de chez lui pour faire son réveil musculaire et reconnaître le circuit du CLM (parcours découvert au moyen de la vidéo envoyée par les organisateurs et via les segments Strava). Et tout ça avant que les premiers coureurs du CLM par équipe (4 coureurs et deux tours à faire) ne partent. Réveil à 5h50 et départ de la maison donc vers 6h15, il faut 2h15 pour rejoindre Prades-sur-Vernazobre. Sur la route il tombe des trombes d’eau et dans sa tête Christian se dit « mais qu’est-ce qu’il faut être CON pour être presque seul sur l’autoroute avec ce temps de merde et de si bonne heure !!!! »
A Prades sur Vernazobre, la météo est identique. Une forte pluie qui tombe sans discontinuer. Il décide donc de faire deux tours de reconnaissance du circuit en voiture. Mais il manque encore de repères car il n’est pas sur son « bolide ». Il décide de sortir le vélo Cannondale et le voilà parti sous une pluie battante pour deux tours de circuit. Un seul aurait peut-être suffi, mais Christian il est comme ça.
Le temps ne s’arrange pas du tout dans la matinée, les organisateurs ont reporté les départs du CLM par équipes en début d’après-midi (départs du CLM par équipes (un tour seulement) qui se feront juste avant les départs du CLM individuel).

Le circuit fait 15 km au total. Au départ, la route descend sur 300 m, un petit talus à monter puis descente droite et rapide pour arriver sur le petit village de Combejean (km 2).  Dans le village, routes très étroites et en mauvais état avec deux ralentisseurs et des haricots pour sens de circulation alternée (limite sens unique à certains endroits). A la sortie du village les routes sont défoncées, il y a un petit talus droit de 200 mètres à monter avant de redescendre sur un rond-point (km 3). A partir de là changement de décor. Superbe route rectiligne de 7 km avec un enrobé style « autoroute » qui, par moments, comporte quelques faux plats montants et descendants pour arriver sur un autre rond-point. Au rond-point, demi-tour à 180° pour repartir sur la même route en sens inverse et en faux plat montant pendant 3 bornes (km 13). Virage à droite à 90°, la route se rétrécit et passe sur un pont qui enjambe un ruisseau. Puis 1,4 km plus loin, dans le village de Prades-sur-Vernazobre, il faut monter une bosse de 500 m avec par moment du 6 ou 7% qui casse bien l’allure (et les jambes) puis 300 m en faux plat montant jusqu’à la ligne d’arrivée.

Avant de partir s’échauffer, Christian prépare son vélo de CLM (pression, installation roue arrière) et le bonhomme (maillot de course, etc.)
Comme le CLM est court et qu’il a accumulé beaucoup d’expériences (non, il n’est pas vieux…), il décide de faire un échauffement assez long pour être chaud dès le départ. Il roule à nouveau sur le circuit avec le Cannondale pour éviter une crevaison de dernière minute avec le vélo du CLM… 
La météo a entre-temps évolué. Cette fois-ci sur le sec, il étudie l’état de la route et les dangers éventuels à éviter (plaques d’égouts, trous, cailloux, etc.). Christian analyse les trajectoires à prendre pour couper les virages au maximum etc. Il mémorise le parcours et où placer ses roues lors du vrai CLM. Sur le circuit, comme il y a toujours du vent de face au retour (après le dernier rond-point) même cet après-midi, il faudra donc en garder un peu sous la pédale lors du vrai chrono à l’aller pour faire la différence au retour vent de face…

15h15 : de retour à la voiture, Christian se change et finit de monter le fameux vélo de CLM. Comme le soleil sort et qu’il commence à faire chaud, il décide de partir avec un peu d’eau sur lui pour 15 km. Il remplit donc une poche de Camelback (25 cl d’eau) qu’il place sous le maillot, côté aérodynamique c’est pas mal et surtout ça facilite l’hydratation en course et les mains restent toujours sur le guidon.

15h35 : Christian est dans le ‘SAS’ du départ. Il est serein et sans stress. Les jambes étaient bonnes à l’échauffement et le circuit de ce chrono lui plaît beaucoup.

15h36 : Le départ est donné. Christian écrase les pédales … Dès les premiers tours de roues, des frissons l’envahissent, il a la chair de poule et l’adrénaline monte. Le bruit de la roue lenticulaire qui claque quand les pignons descendent lui rappelle de très bons souvenirs… Porté par sa fougue, ses émotions l’emportent un très court instant, il en oublie même de déclencher son chrono sur son compteur. Il se reprend très vite, pour se concentrer sur la route, les trajectoires, la respiration et les braquets. À l’entrée du premier village et après une descente très rapide, il se rapproche de plus en plus de la moto ouvreuse qui est devant lui. Le motard klaxonne à réveiller tout le cimetière. Devant eux, une voiture roule lentement et le « cortège » arrive sur elle très rapidement. La route à cet endroit est très étroite. Impossible pour Christian de doubler tout ce beau monde, bref il doit couper son effort, freiner et rester derrière la moto car ils sont coincés derrière cette voiture dont le conducteur paniqué ne sachant plus quoi faire ralentit encore et met du temps à se ranger sur la droite. La colère monte mais Christian ré-accélère énergiquement une fois la voie libre pour reprendre de la vitesse avant de monter le talus qui se trouve à la sortie du village. Il passe ce dernier en danseuse et en force. À la sortie du premier rond-point, Christian a vent de dos, alors c’est plein gaz sur la belle route. Il coupe les trajectoires au maximum, en gardant quelques watts pour le retour et en s’hydratant ponctuellement. Les jambes tournent bien, quel régal et il fait même du bec de selle (il y avait longtemps)… Il arrive sur le deuxième rond-point qui est très petit, perd volontairement de la vitesse et prend soin de faire son demi-tour avec prudence mains sur le cintre et non plus sur les prolongateurs pour assurer le coup.
À la sortie, le vent est bien de face, comme prévu. C’est là que Christian commence à envoyer les watts sur le faux plat montant de 3 km. Il s’hydrate à nouveau ponctuellement. Arrive le pied de la dernière bosse dans le village de l’arrivée. Il monte cette dernière en danseuse et sur la plaque, 52×19, pour ne pas passer le petit plateau de 42 dents au risque de faire dérailler la chaîne dans l’effort… Il reste plus que 300 derniers mètres que Christian fait à bloc (enfin avec ce qu’il lui reste) et toujours en danseuse pour reprendre de la vitesse et enfin couper la ligne. Rapide coup d’œil sur son compteur une fois la ligne franchie 43 km/h de moyenne. Ce compteur oublié au départ et à peine regardé pendant l’épreuve. Christian était concentré sur les trajectoires et a fait la course au feeling.
À la fin du chrono et en analysant ce dernier, il n’y a aucun regret à avoir car Christian a donné son maximum (43 km/h de moyenne, moyenne fréquence cardiaque 177 pulsations, fréquence maximale à l’arrivée 190 pulsations). Dans sa tête, il sait qu’il a fait un truc et ce sans même connaître les résultats des autres coureurs encore sur la route. Il a un pressentiment. Alors, il met le maillot du club à sécher sur la banquette arrière de la voiture pour un éventuel podium.
Une fois ses esprits retrouvés et son calme revenu, Christian descend sur la ligne d’arrivée pour consulter les temps des chronos. Tous les coureurs ont maintenant terminé ce dernier et les classements commencent à tomber.

Le temps officiel Christian est de 20’48 »6 »’ soit 43,2 km/h de moyenne, pas mal pour un homme avec autant d’expérience.
Dans sa catégorie (vétéran 2 – 50-59 ans) : le premier Emmanuel LIEUTER (Cyclo Club Rivesaltes) n’est pas classé dans le championnat Occitanie car il n’est pas licencié FSGT. Il fait le meilleur temps en 20’29 »1 »’ (43,9 km/h de moyenne / 9ème au scratch). Le deuxième est Francis ROGER (CC le Boulou) et champion d’Occitanie avec un temps de 20’48 »2 »’ (12ème au scratch). Christian est classé troisième (et vice-champion d’Occitanie) en 20’48 »6 »’ : le titre est perdu pour seulement 4 dixièmes de retard !
Au scratch (toutes catégories confondues), Christian termine 13ème de ce chrono à 1′ 07 » du premier (45,7 km/h de moyenne, temps : 19’40 »8 »’).
La déception est au maximum, quatre petits dixièmes de rien du tout !!! Même si au fond de lui Christian est content, dans sa tête, sans ce fait de course, la fameuse voiture, c’est lui qui aurait été le champion d’Occitanie 2021 du CLM et qui aurait eu le maillot tant convoité.

La cérémonie protocolaire durera une éternité car beaucoup de coureurs seront récompensés. Une fois sur le podium, c’est une vive émotion qui cueille Christian. Les larmes au bord des yeux, il regarde Francis Roger endosser le maillot de champion.

Le retour en voiture sera très long et il arrive chez lui un peu avant 21h … C’est une très très longue journée pleine d’émotions qui s’achève avec un nouveau podium.

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